Fulbert ADJIMEHOSSOU

Bénin : La procédure d’obtention du CCES

Une nouvelle procédure d’évaluation environnementale et sociale sont désormais en vigueur au Bénin. Les promoteurs de projets devront dès janvier 2023 obtenir le certificat de conformité environnementale et sociale via la plateforme de e-services.

François-Corneille Kedowidé expose la nouvelle procédure
François-Corneille Kedowidé, directeur général de l’Agence Béninoise pour l’Environnement (Abe), Crédit Photo : Fulbert Adjimèhossou

À compter de janvier 2023, l’obtention du certificat de conformité environnementale et sociale (Cces) se fera via la plateforme de e-services. « L’avantage est que ça réduit le volume de papiers qui nous parvient», martèle Dr François-Corneille Kedowidé, directeur général de l’Agence Béninoise pour l’Environnement (Abe).

Ainsi, les promoteurs sont invités à transmettre une description détaillée du projet à l’Abe via le e-services. Le projet de termes de référence de l’Étude d’impact environnemental et social (Eies) pour les projets de catégorie A seront aussi transmis par ce canal.

Le dépôt de dossiers doit comporter la quittance de paiement de la redevance et une version électronique du rapport provisoire d’Eies (approfondie ou simplifiée) et autres rapports complémentaires.

Procédure simplifiée avec service-public.bj/

C’est un formulaire à six étapes à remplir. Vous serez amené à fournir la description du type de travaux à mener sur le terrain, le coût d’investissement, la surface totale, et quelques documents. Une fois le formulaire soumis, le promoteur a un récapitulatif de toutes les informations renseignées. Les agents de l’Abe feront tous les traitements nécessaires, avec possibilité de demander des informations complémentaires et des justificatifs. Au bout du processus, le Cces signé, sous forme portrait est envoyé, puis vérifiable à tout moment. « On peut vérifier la conformité du document sur la plateforme à l’aide du numéro de référence.

Le CCES: ce que c’est

Le Certificat de Conformité Environnementale et Sociale est une attestation délivrée pour confirmer la faisabilité environnementale d’un projet. Il était réglementé par le Décret 2017-332 du 06 juillet 2017 portant organisation des procédures de l’évaluation environnementale en République du Bénin. Mais les procédures ont évolué. Elle requiert une procédure.

Le décret 2022-390 du 13 juillet 2022 prend en compte l’évolution des préoccupations environnementales et sociales, les normes des partenaires techniques et financiers, puis l’évolution de l’environnement institutionnel, social et économique au Bénin. « Nous avons constaté dans le décret 2017-332, quelques manquements. Le changement climatique n’est pas pris en compte, de même que l’aspect genre et les exigences des partenaires. Nous l’avons donc actualisé », fait savoir François-Corneille Kedowidé. Ainsi, pour le Cadre de gestion environnementale et sociale (Cges), le promoteur obtient un visa de faisabilité après validation du rapport à un atelier organisé par l’Abe.

Un engagement exigé

Le Cges intervient lorsque les activités du projet ne sont pas encore bien définies et qu’il est impossible d’en évaluer l’impact avec une précision suffisante, ou lorsque les sites d’implantation ne sont pas encore connus de façon précise. L’Étude d’impact environnemental et social (Eies) est réalisée lorsque les travaux n’ont pas encore démarré sur le site d’implantation du projet.

Désormais, le certificat de conformité environnementale et sociale (Cces) est délivré après réception d’un plan d’engagement environnemental et social. Le Cces cesse d’avoir effet si la réalisation physique de l’activité n’a pas commencé dans un délai de trois ans, contre un an par le passé. Les audits périodiques se feront désormais tous les trois ans contre deux ans par le passé et déboucheront sur la prorogation de la durée de validité du Cces. Les redevances ont aussi baissé.

Selon François-Corneille Kedowidé, cette nouvelle procédure et ces facilités vont permettre aux promoteurs de prendre en compte l’environnement et de respecter les normes.


Diabète : ces plantes candidates au traitement

A côté des progrès de la médecine moderne pour la prise en charge du diabète, les plantes médicinales peuvent apporter un plus. Des études menées à l’Université d’Abomey-Calavi révèlent le potentiel de quelques plantes, dont le Launaea taraxacifolia

Launaea taraxacifolia a du potentiel pour le traitement du diabète, Crédit Photo : https://www.researchgate.net

Le Gnantoto (en langue Fon) est un légume domestiqué au Bénin apte à réguler le transport du sucre dans les parois intestinales. La bonne nouvelle provient d’une série de travaux menés à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin. Les études portent sur cette espèce scientifiquement appelée Launaea taraxacifolia.

« Nous avons exploré le potentiel antidiabétique de Launaea taraxacifolia. Les tests d’efficacité visant la capacité des extraits de cette plante à diminuer le taux de glycémie chez les rats normaux et à normaliser la glycémie au cours d’une hyperglycémie provoquée par voie orale ont été effectués. La toxicité a été évaluée et nous avons procédé à l’identification des composés phytochimiques présents dans la plante. Les résultats montrent qu’il y a espoir », dévoile Dr Eric Agbodjento, membre de l’Unité de Recherche en Microbiologie Appliquée et Pharmacologie des substances naturelles (Urmapha). C’est donc une bonne nouvelle pour la population béninoise qui enregistre de nombreux patients souffrants de diabète.

Ces travaux ont été menés à l’Urmapha avec le Laboratoire de Recherche en Biologie Appliquée (Larba) et l’Unité de Recherche en Pharmacognosie (Urp) de l’Université d’Abomey-Calavi. Des tests phytochimiques ont été réalisés sur cette espèce végétale. Sa toxicité aiguë a été évaluée sur les extraits aqueux et hydro-alcoolique. La capacité de ces extraits à diminuer le taux de glycémie chez les rats normaux et à normaliser la glycémie au cours d’une hyperglycémie provoquée par voie orale a été aussi testée.

Signaux d’espoir pour le traitement du diabète

Les groupes chimiques majoritaires identifiés dans cette plante sont les tanins, les mucilages, les leuco-anthocyanes et les sucres réducteurs. Les tests de toxicité ont montré une innocuité de cette plante. Les extraits aqueux et hydroalcoolique de cette espèce végétale sont sans risque d’hypoglycémie chez les rats normaux. Cependant, l’extrait aqueux réduit de manière significative la glycémie des rats soumis à l’épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale.

Tous ces résultats augurent d’une bonne piste en vue de la conception d’un médicament traditionnel amélioré. Mais il n’y a pas que le Gnantoto qui suscite de l’intérêt. D’autres travaux ont permis d’évaluer les propriétés anti-hyperglycémiantes de Schwenckia americana, en langue vernaculaire fon elle s’appelle Amakwinkwin ou Viviwiwi « Les tests ont montré une absence de toxicité et l’évaluation a révélé́ qu’il n’y a pas d’effets hypoglycémiants chez les rats normaux. Seul l’extrait hydroalcoolique de S. americana a montré un effet normoglycémiant chez les rats soumis à une hyperglycémie provoquée par voie orale ce qui ouvre la voie à de bonnes perspectives pour l’élaboration d’un médicament traditionnel amélioré́ » note la publication scientifique qui a couronné les travaux.

Ainsi, il y a lieu de passer à des tests plus poussés pour des produits plus sûrs. « Ces plantes ne rendent pas le patient totalement guéri. Mais le véritable problème qu’on a, c’est celui du plateau technique. Jusque-là on s’est limité à des tests préliminaires. On provoque une hyperglycémie pour voir si la plante va l’atténuer. Mais quand vous dites à un médecin, voilà un produit très efficace contre le diabète, il vous demandera comment est-ce que ça marche. Et là, on est bloqué », fait remarquer Dr Victorien Dougnon, responsable de l’Urmapha.

Aller plus loin

Alors, des moyens colossaux sont nécessaires. C’est ainsi que l’Urmapha a décroché en juillet 2022 a décroché le prix Pari de la Cedeao pour continuer à travailler sur le diabète. « Le sommet se félicite de la délibération du jury concernant le Programme d’Appui à la Recherche et à l’Innovation (Pari) 2021 en vue de décerner le prix au consortium dirigé par Dr Bernardin Jean Robert Klotoe et intégrant des universités du Bénin, de Cap-Vert, du Ghana et du Nigeria », précise le communiqué de la 61e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao en date du 3 juillet 2022.

« Nous avons fait un plaidoyer auprès de la Cedeao qui nous a octroyé un financement de 200 000 dollars pour ne travailler que sur le diabète. Cette fois, nous allons pouvoir expliquer clairement, avec des tests plus poussés, comment la plante agit, et si elle est réellement efficace. Nous sommes obligés d’acheter des cellules, de les faire venir au Bénin, les maintenir vivant pour pouvoir faire la culture cellulaire et relever le défi. N’importe qui ne peut le faire sans des moyens adéquats », déclare Dr Victorien Dougnon.

Par conséquent, les perspectives sont alors bonnes, pour soulager les populations de cette maladie chronique grave qui se déclare lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline, ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit.


Bénin : Cette thèse dévoile l’état de santé du Lac Ahémé

Au Bénin, le lac Ahémé et ses chenaux, situés au sud du pays, fournissaient plus de 30 % de la production halieutique continentale. Mais l’écosystème est soumis à diverses pressions qui le conduisent vers l’eutrophisation. Des opérations de dragage pilote ont été lancées. La thèse soutenue par Christian Comlan Viaho le 21 octobre 2022 a le mérite d’être une étude de référence qui renseigne sur l’état de santé du plan d’eau.

Capture d’écran Google Maps

« Qu’il est gai de voguer sur le lac Ahémé, quand le temps est serein, fredonnant des refrains. Les pêcheurs enjôlés, déploient leurs filets, entonnent des chansons, capturent les poissons ». Ces notes, écrites au lendemain des indépendances, proviennent du poète et guitariste Gustave Gbénou Vikey.

Malheureusement, le décor n’est plus le même sur ce plan d’eau. La thèse de Christian Comlan Viaho soutenue publiquement le 21 octobre 2022 devant un jury international présidé par Professeur Émile Didier Fiogbé vient confirmer les craintes. Ce cadre de l’Agence pour le Développement intégré de la zone économique du lac Ahémé et ses chenaux (Adelac) est un passionné de la science.

Nos chemins se sont croisés sur les rives du lac Ahémé, il y a 5 ans. Sa bonne maitrise de l’écosystème et son ouverture d’esprit m’ont été très bénéfiques. Le voir défendre brillamment sa thèse couronnée d’une mention très honorable avec les félicitations du jury n’est guère étonnant.

Une thèse de plus sur le lac Ahémé ?

Le gouvernement du Bénin a lancé en janvier 2022 les travaux de dragage pilote du carrefour critique de Djondji-Houncloun du Lac Ahémé et de ses chenaux. C’est la première phase d’un vaste projet qui permettra de réhabiliter en définitive l’ensemble du complexe fluvio-lagunaire dont la superficie s’étend sur 100 km2. Beaucoup de choses vont alors changer les prochaines années.

Dr Christian Viaho, auteur de la thèse sur « Écologie et Exploitation des principales espèces de l’ichtyofaune du lac Ahémé et de ses chenaux au sud-ouest du Bénin avant le dragage », Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Il fallait bien avoir un repère scientifique susceptible d’aider à apprécier les impacts. « Nous avons accompagné ce travail pour nous donner un repère, nous assurer de comment les espèces halieutiques se comportent avant que nous ayons débuté les opérations de dragage. Cette thèse de Christian Viaho est un document de référence. il nous servira à faire l’évaluation une fois que le dragage sera complètement réalisé « , apprécie Martin Gbèdè, directeur général de l’Adelac.

La thèse a pour thème : « Écologie et Exploitation des principales espèces de l’ichtyofaune du lac Ahémé et de ses chenaux au sud-ouest du Bénin avant le dragage ». L’étude a été conduite de septembre 2015 à octobre 2021. Elle vise à contribuer à de meilleures connaissances et gestion de ces écosystèmes aquatiques.

Méthodologie

La zone d’étude comprend le lac Ahémé, le chenal Ahô, le canal de Tihimey, les lagunes côtières de Grand-Popo et de Ouidah qui forment avec les fleuves Mono et Couffo le site Ramsar 1017. Le nouveau docteur en Aménagement et Gestion des Ressources naturelles, spécialisé en Aménagement des Pêches et Aquaculture a procédé à la caractérisation physico-chimique du milieu. Des échantillons de poisson ont été collectés à partir des captures des pêcheurs. Tout ceci a été appuyé par une pêche expérimentale chaque année avec une batterie de filets maillants dont les mailles sont comprises entre 5 mm et 25 mm.

Le lac Ahémé riche de 76 espèces de poisson

Le lac Ahémé et ses chenaux forment un complexe très riche en diversité ichthyologique. En effet, les travaux ont permis d’avoir une idée précise du peuplement. « Au total, nous avons enregistré 76 espèces de poisson, réparties dans 59 genres, 38 familles et 14 ordres ont été recensés. 41 espèces sont estuariennes, 20 espèces sont d’origine marine et 15 sont des espèces d’eau douce », Dr Christian Viaho.  

Quelques espèces de poissons retrouvées dans le lac Ahémé et ses chenaux, Crédit Photo : Christian VIAHO

Cette richesse représente 34,39 % de l’ensemble de la faune ichtyologique connue du Bénin, qui est de 221 espèces, selon les travaux menés par d’éminents chercheurs, dont le Professeur Brice Sinsin, directeur du Laboratoire d’Ecologie Appliquée de l’Université d’Abomey-Calavi.

La lagune de Grand-Popo vient en tête avec plus de 64 espèces. Cela s’explique par le fait que cette lagune reçoit des espèces d’eau douce provenant du fleuve Mono et des espèces marines provenant de l’embouchure. « Cela améliore significativement la richesse spécifique de la lagune de Grand-Popo », explique Dr Christian Viaho.

C’est également la même situation avec le lac Ahémé qui reçoit des espèces d’eau douce du fleuve Mono et des espèces marines à travers le chenal de Aho.

Malheureusement, la plus faible richesse spécifique a été obtenue au niveau de la lagune de Ouidah. « Ce plan d’eau devrait être en connexion avec le lac Nokoué par le pont de Djonou à Godomey. Mais cette zone a été occupée par des infrastructures. La connexion n’existe plus pratiquement », déplore-t-il.

De même, entre les lagunes côtières et le chenal Aho, il y a eu comblement. « C’est ce qui justifie la volonté du gouvernement de commencer le dragage pilote par cette zone pour limiter ce désastre écologique », ajoute le chercheur. 

Fortes pressions sur le plan d’eau

Les résultats ont montré que les eaux sont caractérisées par une conductivité variant de 0 à 46,5 mS/cm. La salinité est comprise entre 0 et 28,3 g/L. La teneur en oxygène dissout se situe entre 0 et 8,55 mg/L avec une profondeur allant de 0,4 à 8 m. Le risque d’eutrophisation est élevé à certains endroits du plan d’eau.  

« La salinité est le principal facteur de distribution des espèces de poissons dans la zone d’étude. Ainsi, 54% des espèces récoltées sont estuariennes, 26 % sont des espèces d’eau douce et 20 % sont d’origine marine », précise-t-il dans sa présentation.

La thèse dirigée par le Professeur Philippe Lalèyè signale une faible connectivité entre les plans d’eau du fait du comblement, provoqué par l’érosion des berges, les mauvaises pratiques de pêche et le mauvais dimensionnement des infrastructures de franchissement.  86% des engins utilisés sont constants, 14 engins sont accessoires. Les acadjas constituent un blocage pour la libre circulation des poissons. « Nous avons analysé les mailles des filets utilisés par les pêcheurs. Et nous avions constaté que le filet utilisé pour la pêche des crevettes est de 2 millimètres », fustige le chercheur.

Vue patielle des membres du jury, Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Cette surexploitation des ressources et la pollution créent un environnement stressant pour les poissons. Par exemple, le stock de Sarotherodon melanotheron dans le lac Ahémé et ses chenaux est surexploité. Quant à Ethmalosa Fimbriata, son stock reste encore non surexploité. Néanmoins, le renouvellement dudit stock (biomasse) est inférieur à la perte par mortalité. Donc, l’état d’exploitation rationnelle de cette espèce n’est qu’apparent et peut changer rapidement en surexploitation. « Pour ces deux espèces, la première reproduction n’a pas eu lieu avant qu’on les pêche. C’est une situation qui menace l’existence de l’espèce », regrette Christian Viaho.

Vers un musée de poisson ?

En réalité, les spécimens de poisson sont fixés automatiquement sur le terrain dans des bocaux contenant du formol à 10% pour la conservation. A cet effet, la collection se trouve à l’Adelac qui a en perspective la création d’un musée. « Cette thèse nous a permis de constituer un stock de toutes les espèces qui ont été identifiées dans ce plan d’eau. Ça va servir de pièces pour constituer le musée de l’eau que nous avons envisagé », souligne Martin Gbèdè, directeur général de l’Adelac.

Cette thèse a abouti à plusieurs recommandations adressées aux décideurs. Ainsi, le chercheur souhaite, entre autres, que le Ministère du cadre de vie et du Développement (Mcvdd) durable poursuive la réhabilitation par dragage. Cela permettrait, dit-il, de créer des conditions de reproduction, de croissance et de développement des ressources halieutiques.

La direction de la production halieutique devra créer des zones de réserves biologiques afin d’assurer le repeuplement des plans d’eau en poisson. De même, sont souhaités, le reboisement massif pour freiner l’érosion des berges, et l’organisation de campagnes de collecte de données physico-chimiques pendant les opérations de dragage dans le cadre du suivi du plan d’eau. « Ça fait plaisir de voir le monde scientifique que nous sommes en train de faire. C’est un travail scientifique et de développement que nous allons énormément exploiter », rassure Martin Gbèdè. Ainsi, peut-être là, d’ici quelques années, il sera à nouveau gai de voguer sur le lac Ahémé.


Gmes Africa 2 : de nouveaux défis dans la surveillance de l’Océan

Le programme Global Monitoring for Environment and Security (Gmes & Africa) entre dans sa deuxième phase au Bénin. Le lancement a eu lieu le 13 octobre 2022 à Cotonou, sous la coordination de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (Irhob). Gmes Africa 2 intervient dans un contexte où les défis de surveillance des ressources marines sont sans cesse croissants.

Quelques acteurs du domaine marin présents au lancement de la phase 2 de GMES Africa,
Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Gmes Africa, phase 2 est désormais effective au Bénin avec beaucoup d’activités en vue. Selon Dr Zacharie Sohou, océanographe et directeur de l’Irhob, cette phase qui couvre la période 2022-2026 va renforcer le suivi des habitats critiques et des écosystèmes marins dans la sous-région. Beaucoup d’activités sont orientées à l’endroit des pêcheurs.

« Nous allons sensibiliser et former les pêcheurs sur les risques liés à leurs activités en mer. Au cours de cette phase, ils seront aussi outillés à l’utilisation de la plateforme Gmes sur l’observation de l’état de la mer.  Quant aux agents de pêche, ils seront formés sur la systématique des poissons », confie l’océanographe, coordonnateur du programme Gmes Africa 2 au Bénin.

Qu’est-ce que « Gmes Africa » ?

Au cours du lancement de la phase 2 de Gmes Africa, Dr Zacharie Sohou a fait un bref historique de ce programme. A l’en croire, Gmes Africa a démarré en 2018 et regroupe 13 consortiums répartis dans 12 pays côtiers de la Cedeao dont le Bénin.

« L’initiative qui a été coordonnée par l’Université du Ghana et vise à fournir aux décideurs des informations et des outils d’Observation de la Terre capables de soutenir une gestion efficace des ressources marines et côtières en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord », rappelle Dr Zacharie Sohou.

L’enjeu est donc de renforcer les capacités de production d’information fondée sur l’Observation de la Terre (OT). D’ailleurs, au cours de l’atelier de lancement, les différents acteurs ont été sensibilisés sur le rôle crucial de l’OT dans la gestion durable des ressources marines. Ils ont été appelés à proposer des actions phares pouvant faire bouger les lignes sur le terrain, pour le bien-être des communautés côtières.

Pérenniser les acquis

Ce programme a été en réalité développé pour renforcer les réalisations et les acquis du programme de Surveillance de l’Environnement et la Sécurité en Afrique (Mesa) mis en œuvre de 2014 à 2017. Depuis 2018, Gmes Africa est devenu une réalité au Bénin. Il a permis l’organisation de campagnes de suivi de l’érosion côtière. Des sorties en mer ont été effectuées au profit des étudiants.

C’est toujours grâce à Gmes Africa qu’une étude de caractérisation de la zone d’importance écologique ou biologique (Zieb) de Danaten a été possible en 2021. Quant aux pêcheurs, ils en ont beaucoup profité. « C’est une initiative bénéfique pour la direction de la production halieutique, en ce qui concerne la gestion des pêcheries. Gmes Africa 2 vient avec beaucoup plus de thématique à développer. C’est à cœur joie que nous l’accueillons, pour bénéficier des expertises développées », déclare Herman Gangbazo, représentant du directeur de la production halieutique.

Des défis pressants

Le lancement de cette phase de Gmes Africa intervient quelques mois seulement après la création par le Bénin de deux aires marines protégées. L’Aire marine protégée de Donaten est située sur le site Ramsar 1018, à l’est de Cotonou. Celle de la Bouche du Roy est située sur le site Ramsar 1017, à l’ouest de Cotonou. La phase 2 va aider à l’élaboration du plan de gestion de l’Aire marine protégée de Donaten, en appui bau décret pris par le gouvernement à ce sujet.

Entre autres défis, il y a le partage d’informations à une grande masse de pêcheurs. « Pour cela, nous allons développer un code USSD pour favoriser l’accès aux prévisions de l’état de l’océan sur trois jours, comme c’est le cas au Ghana et au Nigéria.

Les préoccupations relatives à la pêche illicite et à la pollution marine ne seront pas en reste. L’Observation de la Terre, va pouvoir aider à mieux prendre soin des ressources marines, comme les poissons, les baleines et les tortues.


Climat : Des jeunes à l’écoute des communautés avant la Cop 27

caravane africaine pour le climat à Sô-Ava
Carin Atondé remettant la synthèse des préoccupations au Maire des jeunes de Sô-Ava le 1er octobre 2022 Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

En prélude à la Cop 27, une caravane pour le climat a démarré le 26 septembre 2022 dans plusieurs pays africains. L’objectif est d’aller à la rencontre des communautés et de recueillir leurs préoccupations. L’initiative réunit une centaine d’organisations de la société civile africaine. Rencontré à Sô-Ava au Sud du Bénin le 1er octobre 2022, Carin Atondé, chargé de Programme de JVE-Bénin dévoile les enjeux à la veille de la Cop 27.

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caravane pour le climat à Sô-Ava
Carin Atondé, lors de la caravane pour le climat le 1er octobre 2022 à Sô-Ava, au Sud du Bénin, Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

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