Fulbert ADJIMEHOSSOU

Marché carbone : Comment le Ghana en tire profit

Le Ghana est devenu depuis fin janvier 2023 le deuxième pays africain à recevoir des paiements d’un fonds fiduciaire de la Banque mondiale pour la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, communément appelé Redd+. Ce pays ouest-africain profite bien du marché carbone.

JOHN M. ALLOTEY, Directeur général de la Commission forestière. Crédit Photo : Forestry Commission

Le Ghana progresse sur le marché carbone. Le pays a obtenu 4 862 280 dollars pour la réduction de 972 456 tonnes d’émissions de carbone. L’information est contenue dans un communiqué de la Banque mondiale date du 24 janvier 2023. Ce paiement concerne la première période de suivi du programme Redd +, de juin à décembre 2019.

« Ce paiement est le premier des quatre dans le cadre de l’accord de paiement de réduction des émissions du pays avec la Banque mondiale pour démontrer le potentiel d’optimisation des paiements basés sur les résultats pour les crédits carbone« , a déclaré Pierre Laporte, directeur pays de la Banque mondiale pour le Ghana, le Libéria et la Sierra. Léon.

Selon la Banque mondiale, sous réserve de montrer les résultats des mesures prises pour réduire la déforestation, le Ghana est éligible pour recevoir jusqu’à 50 millions de dollars pour 10 millions de tonnes d’émissions de CO2 réduites d’ici la fin de 2024. Ces actions se situent dans une étendue de six millions d’hectares de la forêt guinéenne d’Afrique de l’Ouest, où la biodiversité et les forêts sont sous la pression de la culture du cacao et de la récolte non durable, ainsi que de l’exploitation minière à petite échelle.

« 69% reversés aux communautés »

Cette percée sur le marché du carbone est profitable également aux communautés. Les impacts ont été largement expliqués aux journalistes participants du Climate Change Journalism Fellowship.

Selon la Commission Forestière du Ghana, 69% des bénéfices sont alloués aux communautés participantes des régions de l’Ouest-Nord, du Centre et de l’Est pour le développement et l’entretien financier.

La directrice du changement climatique à la Commission des forêts, Roselyn Fosuah Adjei, a assuré que l’allocation des fonds ne serait pas versée par des intermédiaires, car les communautés ont mis en place des comités pour superviser le bon versement des fonds.

Elle s’est exprimée lors d’une visite institutionnelle à la Commission de dix journalistes ouest-africains dans le cadre de la bourse de journalisme sur le changement climatique 2022 organisée par la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest.

« Nous avons mis en place une structure de gouvernance avec les communautés. Ils ont leur leadership. Ils ont leurs propres comptes bancaires avec des signataires. Nous déterminerons comment ils peuvent utiliser au mieux leurs fonds », a-t-elle déclaré. Le reste des fonds sera versé dans les caisses de la Commission et du secrétariat en charge de l’initiative.

Séance des boursiers du Climate Change Journalism Fellowship avec la commission forestière du Ghana sur le marché carbone. Crédit Photo : Commission forestière

Le Ghana est le deuxième producteur mondial de cacao. Le cacao est le moteur de l’économie, mais c’est aussi l’une des principales causes de déforestation et de dégradation des forêts dans les régions du sud-est et de l’ouest du pays. Les parties prenantes travaillent pour aider quelque 140 000 agriculteurs ghanéens à augmenter la production de cacao en utilisant des approches agroforestières intelligentes face au climat, plutôt que des techniques de défrichement sur brûlis qui déciment les forêts.


HématoD: « Former pour sauver des vies »

Les professionnels de la santé du Bénin, et d’ailleurs ont la possibilité d’en apprendre en continue sur l’hématologie, via leur smartphone. Un jeune hématologue, Dr Romaric Massi et son équipe Hemato Plus, innove avec l’application HématoD.

Dr Romaric MASSI, Hématologue. Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Nommée HematoD, l’application est accessible gratuitement. Elle est surtout destinée aux infirmiers, sages-femmes, médecins aussi bien généralistes que spécialistes qui désirent mettre leur niveau à jour. « L’application offre aux professionnels de la santé une variété de formations audio claires, concises et précises axées sur la prise en charge pratique des patients », explique Dr Romaric Massi, responsable de Hémato Plus.

En effet, l’avancée des technologies transforment la médecine à une vitesse fulgurante. « Les professionnels de la santé ont l’obligation de mettre à jour leurs connaissances de façon périodique. Ainsi, nous avons décidé de faciliter leur apprentissage grâce à cet outil numérique », souligne-t-il.

L’hématologie est une spécialité médicale  consacrée aux maladies du sang et aux organes qui fabriquent les cellules du sang. Le médecin qui s’occupe d’hématologie est un hématologue ou hématologiste.

Fonctionnalités de HematoD

HematoD propose des modules de formation conçus pour être pertinents et facilement accessibles.

« Ce sont des fiches synthèses, rédigées pour orienter et guider le professionnel de la santé à prendre une décision prompte devant une situation clinique d’urgence, en l’absence de spécialiste en hématologie », renseigne l’hématologue.

Les utilisateurs peuvent s’autoévaluer grâce aux examens qui accompagnent chaque module de formation, et suivre leur progression au fil du temps. En outre, HematoD permet de recevoir des notifications pour des mises à jour importantes et des nouvelles formations disponibles. Elle offre aux professionnels de la santé, une passerelle de discussion sécurisée avec un spécialiste pour discuter d’un cas clinique.

Selon Dr Romaric Massi, l’application a démarré par l’hématologie car, tous les jours, les professionnels de la santé, quelle que soit leur spécialité, sont confrontés à diverses anomalies hématologiques devant lesquelles il faut prendre en urgence une décision avisée et prompte pour sauver des vies humaines. « Bien que l’hématologie soit une discipline transversale, les spécialistes en hématologie sont rarissimes en Afrique et souvent concentrés dans les grandes métropoles.

Cinq hématologues pour 12 millions d’habitants

Au Bénin par exemple, pour une population d’environ 12 millions d’habitants, il n’y a que cinq hématologues tous exerçant à Cotonou », fait-il remarquer. L’application devrait s’étendre prochainement à d’autres spécialités telles l’Urologie, la gastro-entérologie, l’infectiologie, etc. Lancée en décembre 2022, HematoD a été déjà téléchargée plus d’un millier de fois à fin janvier 2023. « 5 000 professionnels de la santé ont déjà suivi les formations sur cette application mobile.

Et nous sommes convaincus que ça va continuer ainsi»,  souffle l’hématologue. Mais Dr Romaric Massi et son équipe ne comptent pas s’en arrêter là. Ils ambitionnent de former 1 000 000 professionnels de la santé en Afrique à l’horizon 2030 sur les problématiques hématologiques et sur d’autres thématiques.

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Climate change : L’enjeu du #Ccjf22 pour les médias

Un mur contre la pollution plastique au Ghana


Au Ghana, un mur contre la pollution plastique

Au cours de la première semaine du Climate Change Journalism Fellowship (CCJF22) à Accra, j’ai été marqué par l’ingéniosité de Jonas Zomelo. Dans la localité d’Azizanya, à 109 kilomètres à l’Est de la capitale ghanéenne, ce jeune charpentier construit des murs en bouteilles plastiques et tente de faire passer un message. Ce mur nous invite à faire barrière à la pollution plastique.

Clôture réalisée avec des bouteilles plastiques dans la localité d’Azizanya à 109 km à l’Est de la capitale ghanéenne.
Crédit : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Un logis, construit avec des plastiques recyclés. Ce n’est pas une toute première découverte de ma vie de reporter. Des initiatives pareilles se multiplient à travers l’Afrique. L’Unicef érige même des salles de classe faites de plastique recyclé dans certaines communautés, comme « une solution pour lutter contre la pollution plastique ». Cependant, l’histoire du mur plastique aux encablures de la plage d’Ada est singulière.

« Je voyais souvent ces bouteilles traîner un peu partout. J’ai alors décidé de les rendre utiles à nouveau. »

Jonas ZOMELO

Modeste, mais fascinante, la maison de Jonas Zomelo force le détour. Construite aux encablures de la lagune côtière d’Ada Azizanya à 109 kilomètres à l’Est d’Accra, elle se compose de murs en bouteilles plastique recyclées, soutenues par du bambou. C’est tout un art auquel ce jeune ghanéen résident sur la côte s’adonne. 

« Je voyais souvent ces bouteilles traîner un peu partout. J’ai alors décidé de les rendre utiles à nouveau « , confie-t-il. Le processus de construction est un peu complexe, mais seul, sans apprenti, ce charpentier qui s’illustre dans le recyclage de déchets reste figé sur ses objectifs. En les surmontant les unes sur les autres, Jonas relie les bouteilles par des cordes pour les consolider. « J’essaie d’améliorer la technologie au fil des jours. Comme vous voyez, je transforme les plastiques en des cubes pour des murs plus attrayants », ajoute-t-il.

Jonas Zomelo construit des murs avec des bouteilles en plastique. Crédit Photo : Fulbert ADJIMEHOSSOU

Un colibri

Le Ghana génère 0,84 million de tonnes de déchets plastiques par an, dont moins de 10 % sont recyclés. Récemment, le pays a reçu des financements pour intensifier ses efforts pour lutter contre la pollution plastique marine. Cette réutilisation des bouteilles plastique à travers une technique de construction d’habitats plus écologique, plus durable et moins coûteuse contribue à lutter contre la pollution plastique, un fléau mondial. Jonas Zomelo montre ainsi que les efforts individuels, à terme, peuvent réduire le flux des déchets plastiques. « Je suis conscient que ce que j’arrive à recycler est minime par rapport au flux produit. Mais c’est déjà quelque chose. Au début, les gens se demandaient ce que je pourrai bien faire avec les plastiques en les collectant. Avec le temps, ils ont compris l’enjeu. Certains demandent que je vienne reproduire ça dans leurs maisons », souligne-t-il.

Les bouteilles ramassées sont nettoyées. Tout le travail de construction de murs en bouteilles plastique est manuel et peut prendre plusieurs jours. « En quatre jours, j’arrive à terminer un mur complet. Je peux le faire en moins de temps que ça », fait savoir Jonas Zomelo. Son ambition, c’est de pouvoir utiliser les déchets plastiques pour faire beaucoup de choses. « Je veux fondre ces sachets collectés et les mélanger à des substances pour fabriquer des objets », dévoile-t-il. Jonas n’ignore pas qu’il peut se faire de l’argent par le recyclage. Mais, pour l’instant, il travaille à améliorer son art et à le transmettre pour plus d’impacts.

Un mur symbolique

A travers le mur de Jonas Zomelo, on peut lire un appel. Celui de faire tous barrière à la pollution plastique. Érigé non loin de la plage, il voudrait dire que nous devrons préserver les océans et les plans d’eau contre le rejet des déchets plastiques. C’est une responsabilité individuelle et collective, au risque de se laisser étouffer par ces matières. 

Selon les estimations de l’OCDE, la production de plastique a explosé, passant de 2 millions de tonnes en 1950 à 460 millions de tonnes en 2019. Ainsi, 353 millions de tonnes de déchets sont générées, dont moins de 10% sont actuellement recyclées et 22% sont abandonnées dans des décharges sauvages, brûlées à ciel ouvert ou rejetées dans l’environnement. Agissons. 

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Climate change : L’enjeu du #Ccjf22 pour les médias


Climate change : L’enjeu du #Ccjf22 pour les médias

Je participe depuis deux semaines au Climate Change Journalism Fellowship (CCJF) à Accra, au Ghana. Grâce à cette formation, mes confrères et moi serons mieux outillés pour couvrir la crise climatique en proposant des angles plus originaux et en utilisant divers formats.

Les dix participants du Ccjf22. Il s’agit de Mawuédem Koffi Akotoh (Togo), Daouda Sow (Senegal), Adjimehossou Rodrigue Fulbert (Benin), Oumar Issoufou Adamou (Niger), Nana Samake (Mali), Sidibe Aissata (Guinea), Délorès Pie (Côte d’Ivoire), Madina Belemviré (Burkina Faso), Emmanuel Bright Quaicoe (Ghana) et Janet Ogundepo (Nigeria). Crédit Photo : MFWA

C’est la première fois que je participe à une activité journalistique en dehors de Cotonou, sur une durée aussi longue. La dernière fois que j’ai passé deux semaines loin de chez moi, c’était pour le Sommet UE-UA à Bruxelles en 2022, grâce à CFI. Ce fut une belle aventure aux côtés de mon mentor, Eric Le Braz.

Cette fois, c’est pour trois mois. Cette fois, c’est pour trois mois. Oui, une cinquantaine de jours à passer dans la capitale ghanéenne. Nous avons atterri le 10 janvier 2023 à l’aéroport international d’Accra, le plus grand aéroport du Ghana, accueillis par Mia Ewagnignon.

Le Ccjf , des attentes pour la couverture de la crise climatique

Le Climate Change Journalism Fellowship est porté par la Media Foundation for West Africa (MFWA) avec l’appui de la DW Akademie. Il vise à promouvoir des réponses au changement climatique par le biais de reportages accrus et de qualité, ainsi qu’à éduquer le public sur la crise climatique et ses effets connexes en Afrique de l’Ouest.

Les participants suivront au cours du Climate Change Journalism Fellowship (CCJF) un programme intensif de formation et de mentorat, qui a commencé par une formation virtuelle en décembre 2022. Il comprend l’investigation, la vérification des fausses informations, le journalisme de solution, le Mobile Journalism (MoJo) et le datajournalisme. Il y aura également des sessions avec des experts, des séminaires sur le leadership, le développement de l’esprit critique, l’art oratoire et des visites de site.

« La crise climatique comporte beaucoup de préoccupations comme celle des droits humains. Il y a des maladies que nous rencontrons sur le continent qui sont liées au changement climatique, des conflits autour des questions de l’eau et des ressources naturelles »

Sulemana Braimah, directeur exécutif de la Mfwa

Une pépinière

Parmi les 400 candidatures reçues de 10 pays de l’Afrique de l’Ouest, la MFWA a sélectionné 10 journalistes, cinq femmes et cinq hommes, un seul par pays.

 « Ce stage va me permettre d’approfondir mes connaissances sur la question, de développer mes compétences en matière d’investigation sur les questions environnementales et d’acquérir des savoir-faire en termes de datajournalisme »

Daouda Sow, journaliste sénégalais et rédacteur en chef du bureau de Dakar pour Medi1 TV

Oumar Adamou, en service à l’Office national d’Édition et de Presse du Niger, compte aussi saisir l’opportunité. « J’aurai les compétences nécessaires pour faire des productions relatives au changement climatique, ce qui conduira à la prise de décisions importantes. J’espère ainsi que mon travail de journaliste contribuera à sauver des vies face aux graves menaces du changement climatique ».

Sulemana Braimah s’est réjoui de ce que la première cohorte du programme soit composée que de jeunes journalistes. Cela donne, dit-il, l’espoir. « Vous êtes là pour apprendre comment utiliser le journalisme pour le développement de vos pays respectifs et l’épanouissement de vos communautés. Nous sommes conscients de l’environnement difficile dans lequel exercent les médias dans la sous-région, mais nous nous devons de pratiquer un journalisme qui aide nos pays à se développer », a-t-il souligné. Le Ccjf prendra fin avec la publication des enquêtes nationales et transnationales réalisées par les participants.

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Infertilité masculine: un phytomédicament suscite l’espoir

Un chercheur de l’Université d’Abomey-Calavi vient d’être récompensé pour son innovation dans le traitement de l’infertilité masculine. Il s’agit de Dr Eric Agbodjento de l’Unité de Recherche en Microbiologie Appliquée et Pharmacologie des substances naturelles (Urmapha) qui a mis en place un phytomédicament.

De forme galénique gélule, ce phytomédicament est destiné à booster la fertilité masculine.
Crédit Photo : URMAPha (avec son accord)

A partir des plantes, le traitement de l’infertilité masculine est possible. En plus de l’avoir démontré dans sa thèse de doctorat, Dr Eric Agbodjento est allé plus loin en mettant au point un phytomédicament. Cette innovation a reçu le deuxième prix lors de la première édition des journées des sciences et de l’innovation de l’Université d’Abomey-Calavi, fin décembre 2022.

« C’est pour la toute première fois dans le monde scientifique béninois qu’un tel phytomédicament est mis au point (solution made in Bénin). De forme galénique gélule, ce phytomédicament est destiné à booster la fertilité masculine en améliorant les paramètres spermatiques », dévoile fièrement ce chercheur qui intitule cette innovation « ProFerMas ». « Pro signifie booster, Fer pour faire référence à Fertilité et Mas qui veut dire Masculine ». 

En effet, l’infertilité du couple est un problème majeur de santé publique au Bénin. Elle constitue une préoccupation pour le couple, la famille, voire la société. Généralement, devant un cas d’infertilité du couple, la femme est systématiquement incriminée. « Cette accusation systématique que l’on constate dans nos sociétés africaines contraste avec les données scientifiques actuelles qui attestent que l’homme lui-même peut en être la cause dans près de 50% des cas », déplore Dr Eric Agbodjento.

L’infertilité masculine peut être traitée

Le recours aux plantes constitue une bonne alternative pour le traitement de l’infertilité masculine. Ceci en réponse aux difficultés d’accès aux médicaments et thérapies de reproduction assistée liés à leurs coûts et aux questions éthiques soulevées par certaines options de traitements. Cependant, les usages traditionnels de plantes dans le traitement des troubles de la fertilité masculine se font le plus souvent sans aucun fondement scientifique. Boursier du Programme d’appui aux Doctorants (2017-2020) mis en place par le Gouvernement, ce jeune chercheur a décidé d’apporter un plus.

« Au Bénin, il n’existait pas de données scientifiques à l’époque, c’est-à-dire en 2017, sur la validation scientifique des plantes traditionnellement utilisées dans le traitement de l’infertilité masculine. C’est ainsi que l’idée de recherche était née à partir de ce constat », rappelle Dr Eric Agbodjento.

Cette innovation a reçu le 2ème Prix du Trophée Vision-Wéziza de l’Université d’Abomey-Calavi.
Crédit Photo : URMAPha (avec son accord)

Une alternative

L’innovation trouvée est le fruit de quatre années de recherche. Eric Agbodjento a sélectionné certaines espèces végétales sur lesquelles des tests pharmacologiques d’efficacité et de toxicité ont été menés. Dans le lot, on retrouve le Rourea coccinea (Vikplonba, en fon), Cassitha filiformis (Agbégbé, en fon) et le Gardenia ternifolia (Daklpa assou, en fon). « Les résultats obtenus étaient probants, il a alors été envisagé la mise au point de phytomédicament contre l’infertilité masculine au Bénin », fait-il savoir. Les essais de contrôle de qualité et de stabilité ont été réalisés. « Nous avons fait des tests de caractérisation chimique, des tests de caractérisation toxicologique et des tests d’efficacité. Tout ceci a un coût. Nous avons énormément dépensé », ajoute-t-il. Ces efforts sont couronnés le 2ème Prix reçu du Trophée Vision-Wéziza de l’Université d’Abomey-Calavi.

Mais bien avant cette distinction, cette innovation a été récompensée par la fondation African-German Network of Excellence in Science qui a attribué le prix du Meilleur chercheur-Junior africain de l’année 2021 à Eric Agbodjento. Au plan régional, cette innovation a été sélectionnée dans le cadre de la première édition du Forum Africain de la Recherche et de l’Innovation (FARI-2022) de la Cedeao qui s’est tenue au Nigéria du 17 au 21 Octobre 2022. Actuellement, le chercheur poursuit les travaux via des essais cliniques afin de disposer de l’autorisation de mise sur le marché.